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  • Des bagues

    Je pratiquais devant le miroir pour être comme elle. Pomponnée, en grande tenue, j’attendais son arrivée sur le balcon. Avec des robes brillantes, les cheveux carotte et la peau blanche comme la cire, elle était étrangère. Elle m’appelait « Jenka », m’achetait des livres anglais et m’enseignait une prononciation correcte. « Londres est le seul lieu dans le monde entier où se passe la vie. Ça, ce n’est pas la vie, ne l’oublie pas. » « Tu vas finir mal ! » – elle récitait cette formule pendant que, au lieu de l’écouter, je regardais ses bijoux et ses ongles vernis. Certaines choses sont prédites non pour qu’elles se produisent mais pour qu’elles ne se produisent pas. Il paraît qu’à l’examen oral d’entrée à l’université elle a confondu „bitch” avec „beach”. Ça a décidé de son sort. Des choses insignifiantes influencent notre vie. C’était déjà inquiétant pour moi  à ce moment-là. 

    La fête traînait, les parents faisaient tourner des CDs, on jouait au bridge. Après une bouteille de vin, elle se mettait à pleurer d’être vieille et de n’avoir rien atteint. « Je suis finie. Je suis vieille. Où est le temps ? Il a passé, échappé, s’est envolé. » On la soignait en lui donnant à boire jusqu’à ce qu’elle arrête de parler et de pleurer, ses mains pleines de bagues pendaient mollement. 

    Ils la portaient à la maison. Moi, je comptais les bagues. J’inventoriais de la main tantôt droite, tantôt gauche. Parfois ils trébuchaient, parfois il pleuvait mais son sommeil était invincible. Ils capturaient des buissons ou des branches avec son corps. Il ne restait que trois rues. La clé ne se laissait pas tourner, les bagues s’accrochaient bien. Dès qu’ils arrivaient à vaincre la serrure et placer ses bagues sur le canapé, on rentrait. Moi, je rentrais en sautant. J’étais heureuse. 

  • Regardez ma belle femme

    Je ne sais pas si quiconque d’entre nous se rappelait son nom. Martin la nommait « Ma Belle Femme ». Ma Belle Femme fait ceci, Ma Belle Femme fait cela, regardez Ma Belle Femme. Nous regardions. Ma Belle Femme ne disait rien. Son visage exprimait étonnamment peu. Elle acceptait l’adoration, elle payait de sa liberté. C’était le prix.

    Martin était petit et agréablement laid. Un mec sympa sans profondeur. Il ne suscitait pas beaucoup de doutes. Peut-être même qu’ils s’aimaient ou peut-être ce n’était qu’un jeu. Je ne savais pas où l’un finissait et l’autre commençait. Un vrai jeu, c’est exactement ça.

    Chéri, tu m’as interrompu ! – a dit récemment Ma Belle Femme. Nous avons tous été étonnés et Martin a même demandé : Tu as dit quelque chose ? Jusqu’à ce moment-là, elle était fidèle à son rôle d’un meuble raffiné. Jusqu’à ce moment-là, ils réalisaient loyalement des nostalgies croisées de différentes générations et de différents sexes. On ne peut pas s’en priver juste comme ça, comme si de rien n’était.

  • Tout doux

    Tout le monde pousse des cris de joie : Comme c’est mignon ! Elle a pensé dans la panique : Ce n’est pas possible. Mais malheureusement, ça l’était. Un ensemble : un pull, un bonnet et des chaussettes. Son cadeau d’anniversaire de chez Prada de taille 56 cm. C’est la seule chose qui est restée de moi ? Une personne dans mon utérus ? Ce cadeau a pris la forme d’un ordre. Elle a peur d’être soumise à sa volonté. Un gouffre dévorera et dissoudra son identité.

    Elle a regardé son mari. « Oui, je t’ai oubliée » – disaient ses yeux ravis du cadeau. Il n’y a personne qui puisse l’aider. Un jour, tout à coup, tu n’es qu’une mère. Ton corps n’est plus le tien. Dans ce monde, les cadeaux sont différents, on ressent différemment les désirs, on s’endort différemment, les hommes te traitent différemment.

    Elle a baissé les épaules. Elle est sortie pour prendre un peu d’air frais. C’est normal quand on est enceinte. Puis, elle a prêté le rouge à lèvres le plus rouge au monde aux femmes qui bavardaient dans la salle de bains. Maquillée, elle s’est assise au bar et a bu d’une traite une flûte de champagne. Elle a bâillonné de son regard les tantes scandalisées de son mari.

  • Je ne cherche pas une femme

    Un garçon et une fille, un chien et un chat lui emboiteront le pas, un corbeau la suivra aussi. Chacun croit étinceler à côté d’elle. La promesse qui devance la connaissance. Dès qu’elle sortait de la maison, apparaissaient des volontaires qui voulaient partager un moment avec elle.

    Dans sa vie, rien ne lui manquait – ni bonheur, ni malheur, ni hommes, ni femmes. Elle en laissait entrer pas mal dans sa demeure à des horaires bizarres. Elle caressait de son regard, elle caressait de sa voix. Elle prenait possession de leur territoire comme si elle voulait y habiter pendant des années.

    Prends un café avec moi, là-bas, au coin de la rue – l’accoste un garçon aux yeux verts – Allez, ils ont un très bon café – l’encourage-t-il avec un sourire en voyant son hésitation.
    Mais je suis mariée – répond-elle
    Je ne cherche pas une femme.

    Le lendemain matin, elle recommençait tout du début, avec son énergie inépuisable. À ta santé, la Princesse accessible et mariée !

  • Inhale profondément la fumée

    Elles étaient éclairées par une lueur malsaine d’fluorescente. Elles s’appuyaient contre un mur au coin de l’avenue de Jérusalem et de la rue de Poznan. Elles se regardaient gentiment comme si tout allait bien, sans perdre de vue la rue qui glissait doucement. Ridées, maigrichonnes. Elles avaient depuis longtemps passé l’âge d’être aimées par des hommes inconnus. Une avec les cheveux jaunes à force de teintures bon marché, d’autres avec des boucles de traviole, portant un maquillage avec lequel elles avaient certainement dormi. En talons hauts usés. Elles fumaient. Elles inhalaient profondément la fumée.

    – Je me demande si elles faisaient l’amour comme elles mangeaient. Irresponsablement, avec pénétration, avidement. – réfléchissait-elle en marchant lentement – Ce serait exactement comme moi. Elle n’avait pas de liaison qui ne soit pas dangereuse pour son estime de soi. Tout se transformait en vérification pour savoir si elle était importante.

    Impeccable, avec la manie de se perfectionner. Elle enviait aux femmes du coin leur infime narcissisme. – Elles sont capables de s’exposer en ayant tellement à cacher. Comment choppent-elles les hommes ? D’où vient leur joie ? Comme leur nuit était différente de la mienne. Elle soupçonnait qu’elles savaient ce qu’était vraiment la nuit. – J’essaie de vivre, pas elles. Elles savent que ça ne vaut pas la peine d’essayer. Peu importe quelle vie on mène, le fait est de s’y donner entièrement. Soudainement, elle a arrêté de les appeler « prostituées » dans la tête. La prostitution n’est guère leur trait principal.

    Venez avec nous. Il y a beaucoup de place ! – entend-elle soudainement.

    Gênée par sa curiosité, elle essaie de leur montrer que tout va bien. Mais pour leur répondre, elle devrait être sûre qu’elle est vivante. Elle baisse les yeux et regarde ses chaussures trop petites. Elle se souvient qu’elle a l’air belle.

  • La perfection

    Ça s’annonçait comme un samedi normal. Entraînement, petit-déjeuner en ville, tour des boutiques. Elle prendra des chaussures à talon aiguille, une robe courte. Le vêtement essayé exposera ce qui devrait rester caché – une partie de corps frivole. « Magnifique mais pas mon style » – annoncera-t-elle.

    Ses jambes sont en tête de la liste des choses qu’elle méprise. À cause de ses jambes, elle était souvent de mauvaise humeur. Elle pensait que si elles étaient maigres, sa vie se serait passée différemment. Empoisonnée par une attaque de neurasthénie particulièrement forte, elle est allée une fois chez le chirurgien esthétique.

    Déshabillée, elle était en face du médecin qui ressemblait à Freud et qui faisait les consultations entouré de meubles anciens. En la regardant soigneusement, il a sorti des photos de VRAIS défauts des extrémités en insistant bien sur le mot « vrais ». Elle en est sortie sur les mêmes jambes avec lesquelles elle était venue, et elle les utilisait comme avant, alors sans gratitude.

    Dans les cabines d’essayage, elle comparait ce que lui renvoyait le miroir avec l’idée qu’elle avait d’elle-même inspirée par les photos de Vogue. L’objet revenait à l’étagère. Elle quittait le magasin dans ses vieux vêtements, alors sans les défauts visibles pour autrui, en considérant avec soulagement qu’elle avait fait des affaires. Mais elle se sentait attirée par les talons hauts et les choses courtes. « Si je pouvais me permettre, je m’habillerais comme ça. », soupirait-elle. Mais ce n’était pas la question d’un manque de moyens financiers.

    Ce jour-là, elle a découvert que tout près de son magasin de chaussures préféré, on avait ouvert une librairie pour enfants. Dans la vitrine : « Les contes d’Andersen », sa couverture attirait par des escarpins rouges. Le souvenir de l’odeur du livre lu par son père quand elle était enfant lui revint, du livre qui était trop difficile pour un enfant. Le contenu incompréhensible du conte lui revint. Les escarpins rouges, ils bougent tous seuls, ils forcent la fille à danser sans cesse. Ils ne permettent pas d’émousser l’appétit, de vivre aux chimères de la perfection. « J’emmerde la perfection, au moins aujourd’hui. » – marmonne-t-elle. Elle passe au magasin de chaussures comme si elle devait faire face à une catastrophe, récupérer les jambes amputées avant de se tromper de nouveau.

  • Un alpiniste

    Une blonde de luxe. Grande jusqu’au ciel avec une ombre robuste. Pendant un moment dangereux, il a senti le besoin de confesser qu’il n’avait pas peur de cette ombre, il rêvait même qu’elle le saisisse.

    Une grande partie de ce qu’on dit aux inconnus dans un bar est marquée par le besoin de faire bonne impression. Il voulait éviter cela. Il gardait donc le silence et la scrutait comme s’il la regardait à travers le viseur d’un appareil photo ou de jumelles. Il semblait élaborer un système logique, marquer des points de repère sur une carte avec une rigueur scientifique tout en marmonnant et soupirant. « Je ferais de l’escalade… ». – a-t-il soudainement annoncé.

    Je vous plais ? A demandé ou peut-être a constaté la Montagne Blonde avec une ombre en passant à côté. Sans attendre la réponse, elle disparut. Dès que l’étonnement s’est calmé, nous nous sommes engagés dans une discussion turbulente sur la pénurie de sainteté de nos temps.

  • Des rubans

     

    Le temps n’a pas éradiqué sa féminité, il ne l’a jamais faite vieille. Elle étudiait des magazines avec confiance. Vogue était une autorité pour elle. L’apparence et son influence sur les destins des gens, c’était ce qui l’intéressait. Elle ne s’arrêtait à rien, à l’exception des vêtements. Elles réagissait brièvement aux dilemmes : j’étais stupide, j’aurais dû vivre esthétiquement.

    Nous allions souvent au cimetière. Elle aimait les émotions fortes et les détails macabres. J’ai appris quel défunt terrorisait qui, pourquoi et comment. Qui mettait « cette fidélité à soi » devant le nez de qui. Quels mariages ont été déjà rompus, qui s’est suicidé à cause de qui. Et comment il l’a fait exactement. De quoi il avait l’air avant et après sa mort. J’étais aussi mise devant les devinettes : Faut-il être étonné que l’assistant du fossoyer qui avait 19 ans était tout frais ? Elle parlait sans réfléchir si ses mots étaient appropriés pour les oreilles d’un enfant ou non.

    Lorsque nous tombions sur des funérailles, elle guignait le cercueil. Elle ne débattait pas la souffrance de la fin de vie. C’est évident qu’on ne peut pas l’influencer, mais la tenue ? C’est un scandale ! C’est immoral de quitter la terre dans une telle tenue. On ne peut pas perdre le contact avec la réalité – maugréait-elle. Ensuite, elle me permettait de voler des rubans brillants des tombeaux en disant que ça détournerait l’attention du défunt. Nous rentrions à pied en faisant une petite pause dans un café. Elle soupirait et finassait ses histoires avec la tranquillité en écrasant un mégot dans un cendrier.

  • Adaptateur

    Une fille mince, châtaine, dépensant son argent de manière irréfléchie. Personne n’était capable de parler de la couleur bleue claire, des robes, du goût du monde ou de son manque comme elle. Elle, désobéissante à la culture, se permettait de se faire plaisir. Elle était habituée à apprécier l’arbitraire, elle allait vers les passions plutôt que vers la bonté, elle préférait la lutte à la stabilité. Attendre qu’elle s’occupe de quelqu’un d’autre, c’était comme vouloir qu’un chat offre quelque chose de plus que des grognements. Il serait mieux de ne pas vérifier quel type de mère elle serait. Malheureusement.

    Elles souffraient les deux. Avec ce regard d’accusation. « Quoi encore ? ». Et ensuite, le même schéma : un sentiment d’injustice, une colère, un sentiment de culpabilité. L’enfant faisait peur par cet abîme plein de désirs, par l’intensité de l’ALIEN. Elle cherchait quelque chose qui la détournerait du réalisme, qui lui permettrait de survivre aux yeux affamés et au mot « maman ». Un adaptateur. Quelque chose devait les protéger, se placer entre elles.

    Il y a des objets qui symbolisent le pouvoir, dont la possession nous place dans la position du souverain. Il y a des objets qui peuvent placer cette fille effrayante dans la position d’une personne reconnaissable. Des chaussures, des jupes, des robes. Elle caressait les vêtements du regard, morose quand sa fille n’avait pas l’air qui correspondait à sa vision. Déguiser son enfant à sa guise lui permettait d’accepter le fait qu’elle l’avait. C’est un accord forcé

    .Les vêtements sont devenus pour la fille des objets dotés d’incroyables pouvoirs, une preuve palpable de la présence de sa mère. Elles étaient comme le sourire du chat de « Alice aux pays des merveilles ». Elles incarnaient l’amour et étaient sensibles à l’autonomisation magique, la relation pouvait durer, même sans la personne.

  • Cheveux crépus

    Une bouche fardée trace un trait serré. Aucun aliment ne passe par une telle bouche, il faut du goutte-à-goutte. Je n’étais pas capable d’apprécier sa capacité à s’enterrer vivante. Dès que je pensais avoir appris à connaître son allure, elle me surprenait. De nouveaux sourcils, plus de teinture, de latex, de mascara, de polyester fané, des cheveux secs et crépus. Un sourire immobile et une poitrine défiant les lois de la gravité. Apparemment, elle pensait que la mort lui allait bien.

    Je la connaissais depuis quelques années, cinquante minutes précipitées par semaine. Elle bourrait ces cinquante minutes de plaintes, d’un recueil entier de sa vie morte. Les difficultés et catastrophes de sa vie revenaient monotonement. Elles tombaient goutte à goutte comme d’un robinet en panne, régulièrement et inexorablement. Tout était empoisonné, elle devait parler de tout, c’était la seule façon de se débarrasser de cette vie pour un moment.

    Finalement, elle m’a convaincu qu’elle traînait son malheur derrière elle et qu’on ne peut rien faire avec ça. Je l’écoutais, attristée que sa vie m’intéressait de moins en moins. Je ne disais rien. Curieusement, elle appréciait mon silence. Ainsi, elle pouvait broder ses histoires sur le tourment de plus en plus facilement, et moi, je pensais que le lendemain, le jour d’après, elle aurait une journée sereine.

  • Elle est toujours belle

    Un jour, dans longtemps, je reprendrai probablement certaines habitudes énervantes de ma mère. Ce sera peut-être sa tendance à analyser sans fin ses blessures, celles réelles et celles imaginaires, ou
    peut-être son incompréhension sereine des relations de cause à effet qui sont incommodes pour elle. Un jour, dans longtemps, je serai à sa place et elle à la place de sa mère, dont elle est en train de me parler.

    « Tu ne peux pas imaginer ce qu’elle fait ! Elle a enlevé son plâtre ! Je t’ai déjà dit qu’elle s’était cassé le bras, non ? Je l’avais quittée des yeux pour une seconde. Heureusement, elle n’est pas tombée dans la cave et elle n’est pas morte, un procureur s’en serait occupé. Nous avons dû aller deux fois aux urgences. Elle se salit, je ne vais même pas te dire ce qu’elle fait. C’est comme si j’étais assignée à surveiller un fou. J’ai peur de ce qu’elle inventera, j’ai peur aussi pour ma santé psychique ! »

    Elle devait parler. Sans arrêt. Ses paroles étaient plaines de désirs étouffés. Des épisodes suivants de la série « MERE ». Elle voulait être généreuse pour elle, pardonner le passé, entretenir la dépendance de vieillesse de la manière affectueuse, mais ses actions ne donnaient jamais vie à un acte plein d’amour.

    « Elle se déshabille tout le temps. Ça lui arrive de sortir dans la rue toute nue. Elle ne lit pas de journal. Elle me soupçonne tout le temps de lui avoir volé ses bijoux, ses billes en plastiques ! J’ai envie de l’étrangler. La démence progresse. Après tout, elle a déjà 94 ans. Et peut-être que son esprit troublé la protège contre quelque chose. Elle n’avait jamais voulu être en contact avec la réalité. Mais tu sais, quand elle marche, elle est droite comme un i et après que je la lave, l’habille et la coiffe, elle est toujours belle. »

  • Identité sur catalogue

    Elle entre. Elle est éblouissante. Avec cette personne, j’accepte de parler de son apparence et pourtant on se voit pour parler des questions importantes…

    Mais le vêtement ne l’est-il pas ? Ne compose-t-il pas l’identité de cette femme, qui est assise en face de moi ? Lorsque l’on discute des tissus qui l’emmaillottent, elle m’invite à découvrir son espace intérieur, et ma curiosité éveillée par son vêtement révèle mon intérêt pour la personne qu’elle est vraiment.

    Sa tenue, toujours soigneusement complétée, provient de son besoin de montrer quel genre de personne elle est. C’est la seule façon qu’elle connaisse d’affronter la vision rigide de ses parents, incapables de permettre à leur fille d’être ce qu’elle est. Des parents qui avaient commandé leur enfant sur catalogue.

    Dans sa vie adulte, une multinationale a remplacé les parents. Au travail, la nécessité de mettre des vêtements qui la rassureraient était donc de plus en plus profonde. En ignorant les tailleurs, portés par les femmes qui exercent sa profession, elle devenait une insurgée, elle luttait contre la tyrannie.

    Le vêtement reflétait ses identités, désirs et valeurs. C’était sa façon de dire ce qu’elle pensait sans ouvrir la bouche. Car dire ouvertement, en son propre nom, est pour de telles femmes trop dangereux.