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Une fourrure

Je suis ici pour enlever les traces de la propriétaire. Sa longue vie est passée mais sans faire le ménage elle n’est pas finie. Les deux morts : la symbolique et la réelle. Des objets traînent dans la maison. Ils n’ont pas remarqué qu’elle était morte.

L’ouverture des armoires a été comme une intrusion. Un mausolée abandonné de la féminité. Des fourrures. Des dizaines de fourrures. Elle se voyait ainsi, alors. Elle ne pouvait se reconnaître que dans les fourrures. Des souvenirs, des dons des amants, des preuves de l’amour et de l’infidélité y sont suspendus.

Des fourrures fidèles à portée de la main. Je mets une âme inconnue. Auparavant, j’aurais trouvé cette idée insupportable, maintenant ça n’a pas de sens. L’air a tremblé, une odeur désuète de muguets. Un reflet étranger dans le miroir.

Pendant la nuit, il pleuvait. C’était cette pluie qui ne cesse jamais. On a dormi de manière exquise.

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