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L’amour propre sur un porte-manteau

Elle circulait en ville, remplie d’inquiétude qu’elle ne savait pas définir. Elle avait besoin de quelque chose d’indéterminé, d’un abri. Quel lieu m’accueillera ? Elle regardait par les fenêtres des cafés en cherchant la réponse. A côté d’elle, a passé lentement une voiture, le moteur grondant et la musique à tue-tête. Elle a pensé que les hommes dans des cabriolets ne frimaient pas, ils cherchaient l’apaisement. Comme elle.

Elle s’est assise dans une foule colorée. Pas d’apaisement. Elle s’est regardée. Une personne un peu triste, un peu tendue, les vêtements pris un peu trop au sérieux. Impeccable, sans légèreté. – Je n’existe pas ici, je n’existe pas du tout. – a-t-elle pensé – Je dois me changer, mettre quelque chose qui changera le déroulement de la journée.

Tout près, se trouvait un magasin de vêtements d’occasion de grands créateurs. Plusieurs fois, en tenant dans les mains un vêtement sans marques d’usure, elle se demandait pourquoi sa propriétaire avait décidé de s’en débarrasser. Elle n’avait jamais trouvé la réponse parce que ces réflexions cédaient aux essayages avides. Ravie de son nouveau reflet dans le miroir, elle fourrait négligemment les choses dans lesquelles elle y était venue dans son sac. Elle ne se souvenait pas de quelles valeurs elles étaient le matin, en les mettant, elle ne comprenait pas comment elles avaient perdu leur valeur. L’enthousiasme pour ces choses, ou plutôt pour elle dans ces vêtements, disparaissait imperceptiblement, cette chose ne vêtait plus.

Son armoire était remplie de vêtements mis déjà dans le magasin. Et jamais plus. Mais ce jour-là, quand elle portait cette nouvelle chose, le monde était différent. Son inconfort imprécis disparaissait. Des idées chaotiques commençaient à former la phrase « Je suis visible, donc je suis » ! Elle se permettait de sentir qu’elle plaisait aux gens. Elle revenait sur la scène. Elle se calmait.

Elle changeait le sentiment de l’intérieur gris et de la tristesse en image grise et rigide. « Ce vêtement est coupable de mon mauvais état d’esprit. » Résoudre ce problème, rien de plus simple. Elle se changera, se libérera d’une identité inconfortable, ou de son manque inconfortable.

Elle fouillait les porte-vêtements de manière professionnelle. La sympathie pour elle-même retrouvée dans une nouvelle robe ou de nouvelles chaussures lui permettait de penser, pendant un instant, qu’elle savait qui elle était. Quelqu’un méritant l’enthousiasme.

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